Mythique, ne serait-ce que par celles et ceux qui l'ont faite (Jean-Yves Lafesse, Supernana, David Grossex, Robert Lehaineux, etc.), sulfureuse diront certains, bordeline plutôt, anar et commmuniste à la fois, en vérité inclassable, au final, cassable, Carbone 14 sentait le soufre. Elle dérangeait surtout ... Qui ça ? ... Le pouvoir, bien sûr ! Et, ô ironie de l'Histoire, ce pouvoir n'était pas giscardien, mais, depuis un fameux 10 mai 1981, socialiste (ou supposé tel). Oui, celui-là même qui encouragea, libéra (à c'qu'on dit) la bande FM, eh bien c'est lui qui va mettre un terme, casser la voix et l'antenne de l'inoubliable Carbone 14, située 21 rue Paul Fort, dans le 14ème arrondissement parisien. Nous sommes en juillet 1983. Deux animateurs de la station se sont fait serrer par la police. Ils "pétionnaient" Porte D'Orléans pour la survie de Carbone 14. Ils sont gardés, à vue, au commissariat du 14ème. A l'antenne, c'est la colère. Elle est aveugle. Elle invective. Elle insulte. Tout le monde en prend pour son grade. Et copieux. François Mitterrand, le président, ramené, entre autres, à sa Francisque, passé pétainiste ; Jacques Attali, dit le "sherpa" du président ; Gaston Deferre, truculent marseillais, ministre de l'Intérieur ; Michèle Cotta, itou, alors présidente de la Haute Autorité (ancêtre du CSA) ; Jean-François Bizot, patron de Radio Nova, n'échappe pas, non plus, à cette colère ; et les flics, bien sûr. "Fascistes" ! "Fascistes" ! Quant au public, celui qu'on sollicite, il est "de merde" ! On dira que, ma foi, il est bien étrange de vouloir se sauver de cette façon-là. Mais que voulez-vous, les gars (en l'occurrence, ici, son boss, Gérard Fenu) de Carbone 14, la demi-mesure, ils connaissaient pas ! Du coup, ça ressemble plus à un suicide, un Hara-Kiri, une mort en direct. Qui commence par L'Internationale et finit par : "Carbone 14, la radio qui voulait pas mourir ..".
Et qui est morte. Le 17 août 1983.






Durant la conversation, ils ouvrent volontiers les vannes de la plaisanterie. Omar et Fred, animateurs du «Service après vente» («SAV»), diffusé dans «Le Grand Journal» sur Canal +, retrouvent un peu de sérieux lorsqu'on évoque les compliments appuyés que leur a récemment adressés le président de Radio France, Jean-Luc Hees. Un éloge qui a aussitôt alimenté la rumeur d'un possible remplacement, sur France Inter, de Stéphane Guillon par le duo.
