
Il est "
vraiment très fâché" Daniel Balavoine. L'a pas aimé les deux-trois lignes qu'un certain X.V., journaliste à Libération, a torchées sur son compte. Où, comprend-on, il traiterait l'interprète des "Petits Lolos" de "
chanteur à stigmates". Cette mise en croix, ça ne lui plaît pas, mais du tout. Mais plus encore le fait que ledit journaliste signe de ses initiales et pas de son nom.
Alors, il se lâche, Balavoine. Dans cette tribune que lui offre (du 10 au 28 octobre 1983 à 18h30) la toute neuve 95.2 créée par Robert Namias et
Alexandre Marcellin.
A ce propos, on peut se demander si le fameux coup de gueule de Balavoine, , où, l'on s'en souvient, il apostropha François Mitterrand (mais pas que lui) avec le désormais célèbre "
la jeunesse se désespère" n'a pas compté pour beaucoup. Je veux dire dans le fait de lui proposer une tribune quotidienne sur 95.2 ...
C'est fort probable, moi j'dis ..
Bref.
Le problème - car il y en a un - c'est que la radio parisienne annonçait texto : "Balavoine journaliste". Eh ben oui, mais quand on connaît l'esprit corporatiste de cette profession, il fallait bien s'attendre à des quolibets, y compris les plus blessants.
Balavoine répond donc, précisant qu'il "
ne fait pas son journaliste, car il n'est pas journaliste" avant de s'engager dans une diatribe où - pardonnez-moi - on croit parfois entendre un refrain connu, quoique postérieur, celui d'un autre chanteur, mais plus vain, et plus court, le dénommé Pagny avec son "
Presse qui roule pas vraiment cool/Presse qui coule me casse les couilles" .. Et d'ailleurs, Balavoine ne se propose-t-il pas, déréchef, de leur "
faire pousser (aux journalistes)
quelque chose de consistant entre les jambes" ..
Pour le reste, bien sûr qu'il y a du vrai dans ce qu'il décrit, dans ce dont il s'insurge. Comme, par exemple, quand il dit :
"
La presse française végète dans un journalisme émasculé par ses propriétaires !" ..
Qui oserait prétendre, aujourd'hui, le contraire, quand on connaît l'identité des propriétaires qui sont tout, sauf ... journalistes !
Or donc, écoutons le tribun Balavoine, qui, sans doute emporté par son élan, ou sa fougue, fera preuve d'une grande maladresse quelques jours plus tard, , dans l'émission "Sept sur Sept", où il déclara :
"
J'emmerde les anciens combattants !".
Et s'en excusera, par la suite.
Une suite qui sera consacrée à son "art", la chanson, et plus jamais, au "journalisme". Fin de partie, en quelque sorte ...