
Ce n’est pas la première fois que l’on vous propose d’écouter les derniers instants d’une radio. Ce fut déjà le cas
ici,
là, re-
ici ou re-
là. Et ce sera encore au programme mercredi prochain (le 22 septembre).
Mais si le point commun est la fin, en revanche, elle est, cette fin, à chaque fois différente. On en a connues des poignantes ou des révoltées, des délurées ou des silencieuses, des poétiques ou des grandiloquentes. Aucune fin ne se ressemble, et de ce constat on pourrait – un peu hâtivement, c’est vrai – en tirer une conclusion : c’est dans sa façon de partir, disparaître, que peut-être, l’identité propre d’une radio se révèle. Oui, c’est peut-être là, dans ce moment unique, puisque le dernier, que ladite radio montre son vrai visage.
Où elle était, plutôt que
qui elle était.
Or donc Radio Stars sise à Saint-Leu-la-Forêt (Val d’Oise).
C’est un jeudi, le 26 novembre 1981, que son aventure commence.
Non-autorisée par la Haute Autorité (ancêtre du CSA) elle cesse d’émettre le lundi 7 septembre 1983.
Sur commission rogatoire du juge d’instruction de Pontoise (suite à une plainte de TDF) son matériel est saisi un mois plus tard, le mercredi 4 octobre 1983, au grand dam de
Radio Enghien qu’en avait hérité.
Mais Radio Stars se bat. Et finit par vaincre. En 1987, elle peut enfin émettre librement. Elle ne sait pas que ce ne sera que pour cinq petites années. Jusqu’au premier jour de l’été 1992.
Oui, alors que dehors des groupes amateurs massacrent bruyamment Led Zeppelin ou Téléphone à l’occasion de la fête de la musique, le dimanche 21 juin 1992, Radio Stars, elle, ferme boutique. Un peu tristement. Quasi anonymement.
Point de chambard à l’antenne, pas plus de pleurs, seulement UN animateur au timbre de voix rappelant celui de Daniel Guichard, qui, mon vieux, fait un choix pour le moins curieux : plutôt que de s’adresser aux auditeurs sur un tapis musical ou « à blanc » le fait sur
Cézanne Peint de France Gall. Ce qui donne, parfois, l’impression (fausse, tant il ne fait aucun cas des paroles) que la chanteuse lui répond :
«
Je remercie tous les animateurs qui sont passés à l’antenne les uns derrière les autres (Existe/C’est une épreuve d’artiste)
Il y a eu des bons, il y a eu des moins bons (Cézanne le sait bien)
Mais tout le monde a fait son travail de radio avec son cœur (Quand Cézanne peint) »
Heureusement, ceci dit, que Cézanne fut peintre et non clown ou comique, auquel cas l’animateur aurait alors plaqué son discours sur
Cézanne Rit …
NB : L’indicatif de Radio Stars dont parle l’animateur et qui surgira juste après son «
Adieu » était – mais qui ça étonnera ? –
Vidéo Killed The Radio Star de(s) Buggles.