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Anna_PolikovskaaLe 7 octobre 2006, Vladimir Poutine fêtait son cinquante-quatrième anniversaire.
Le même jour, exactement, Anna Politkovskaïa, grand reporter, journaliste indépendante, investigatrice infatigable, tenace, était abattue. Dans l’ascenseur de l’immeuble moscovite où elle résidait.
Quatre balles ... L’arme du meurtre, un pistolet, fut laissé, bien en évidence, sur les lieux.

Sans doute – j’ironise, n'est-ce pas ... – l’anniversaire du président russe dut être à ce point copieusement arrosé pour qu’il ne daignât réagir à cet assassinat que le 10 octobre, soit trois jours après.
Après le crime, après les réactions venues du monde entier … Trois jours. Une éternité. Une anomalie.
Une insulte …

Certes, Anna Politkovskaïa ne l’aura jamais épargné. Ni lui, ni la Russie. Mais cette Russie qu’elle dénonçait, était avant tout celle de Poutine. Des hommes qu'il avait choisis pour la gouverner, avec lui.

Etrange bonhomme, n’est-ce pas, que ce Poutine. Président russe (2000/2008) et désormais … Premier ministre du président ( ?) Medvedev ... Vraiment très étrange, en vérité ... Même en France, où paraît-il tout part à vau-l’eau, on a peine à imaginer un scénario pareil. Soit, demain, en 2017, Nicolas Sarkozy Premier ministre du Président Jean-François Copé (encore que, avec Sarkozy « Tout est possible ! »). On se dirait que, bon sang de bonsoir, y’a comme un machin qui déraille dans notre « République irréprochable ». Un truc qu’est pas très démocratique. Même si, en France comme en Russie, le président nomme qui bon lui semble au poste de Premier ministre ... Mais quand même, un Président qui ne peut se représenter (parce que, comme en France, tu ne peux, en Russie, aller au-delà de deux mandats) se recase (je dis bien : se recase) Premier ministre, comme dirait le cycliste chargé comme un mulet : y’a comme anguille sous (Stephen) Roche.

Alors je ne suis pas, moi, Anna Politkovskaïa (sinon, je ne pourrais pas - lui et vous - écrire cette chronique). Je ne suis même pas russe, même si j’aime sa langue, ses écrivains, ses musiciens, et parfois, ses cinéastes. Mais je me dis, dans le dedans de moi-même, qu’elle est très bizarre cette Russie post-glasnost. D’autant plus quand j’apprends qu’Anna Politkovskaïa ne fut pas le premier journaliste russe à être froidement abattu sous le régime poutinesque, mais le vingt-et-unième (en six ans) ... Alors certes, on s’insurge, on se fend de communiqués, on condamne, et .. Et rien ! Que dalle. Nib’. Balle-peau. On ne connaît toujours pas (le ou) les assassins d’Anna Politkovskaïa, ni des autres journalistes russes ... Et voulez-vous que je vous dise : on ne les connaîtra jamais ! Ce qui constitue, paradoxalement, un début de réponse.

Bref.

Voici l’un des derniers entretiens accordé par Anna Politkovskaïa à un média français. En l’occurrence, RFI, le 14 mai 2005, à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage intitulé : La Russie Selon Poutine (Gallimard).
Un livre qui n’a toujours pas été publié dans la Russie de Poutine (via Medvedev) Poutine qui, aujourd’hui, 7 octobre 2010, fête son cinquante-huitième anniversaire.

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NB : Dans cet entretien, sobre, Anna Politkovskaïa, dit.
« Faut que je vive avec ça, le visage ouvert, les yeux ouverts »
Ce qui vaut pour chacun d’entre nous. Sinon, elle n’aura(it) servi à rien, Anna.
Plus que jamais nous (nous) devons (d’)être vigilants et attentifs, d’autant plus que « la guerre continue » que « des millions de personnes sont de plus en plus pauvres ».
Restons, comme l’écrivait le poète : « fait de clous et de fer ».



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Catégorie : RFI
jeudi, février 09, 2012
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