A la fin des années 60, c'en est fini - et si j'peux me permettre : il était grand temps ! - de ces groupes français (Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages, etc.) reprenant à tire larigot des standards anglo-saxons à peu de frais. Est-ce dû au mouvement hippie, à Syd Barrett, ou quelques substances que la (foutue) morale réprouve, voire les trois en même temps, quoi qu'il en soit, v'là que sur les ondes, parfois, une étrange musique déferle, planante diront certains, peu importe, en tous les cas, elle est là, elle vient de Magma, Triangle, Zoo (à qui Léo Ferré fera appel pour son album "Amour Anarchie", célèbre pour sa "The Nana", inoubliable pour son cri : "Yes, i'am a immense provocateur !") Zoo, disais-je, et aussi : Gong.
Le point commun entre tous ces groupes français, outre leur originalité, c'est - donc - qu'ils écrivent et composent. Sans eux, nous n'aurions pas connu la suite, soit Ange, Bijou, Téléphone et consorts.
Bref.
Or donc : Gong. A la base (1967) un trio composé par l'australien Daevid Allen (c'est lui, sur la photo, en haut à gauche), l'anglaise Gili Smyth et le français Didier Malherbe. Un trio qui ne cessera de croître en nombre au fil des ans, et dans ce nombre, on y comptera un certain Steve Hillage - Eh oui, quand même ..
C'est en 1971 que Gong trouve un public avec la parution de son troisième album brillamment intitulé : "Camembert Electrique". Ce qui ne veut pas dire qu'ils seront multidiffusés sur les quelques radios de l'époque, ni qu'ils enchaîneront plateau télé sur plateau télé (eh oui, en 1971, Taddeï n'existait pas encore ..) ..
Car si l'on se pâmait copieux sur les Hendrix, Doors, Zappa ou autres Floyd, dans les faits, c'était surtout du Sardou, du Cloclo, du Fugain, du Delpech, de l'Hallyday et de la Sheila qui trustaient les antennes. Quand ce n'était pas les Poppys .. Comme quoi, et je ne vous le fais pas dire : "Non, non, rien n'a changé .."
Re bref.
Tout de même, il y avait certaines émissions, décalées si vous voulez, en marge, moins "grand public", audacieuses, dans lequelles pouvait s'inscrire Gong.
Par exemple, la légendaire "Campus" sur Europe n°1 de Michel Lancelot.
Et ce fut le cas en 1972, avec cet entretien conduit et réalisé par Marc Garcia, où vous entendrez deux membres de Gong : Gili Smyth et Daevid Allen (qui, faut-il le rappeler, est aussi le créateur d'un autre groupe mythique, le Soft Machine de Kevin Ayers et Robert Wyatt).
Dans cette interview on y cause musique, bien sûr, mais aussi "façon de vivre". Celle de Gong vous rappelera peut-être celle de "Mes Meilleurs Copains" de Jean-Marie Poiré (1989) ou des "Babas Cool" de Leterrier (film de 1981 dont le titre originel était : "Quand Tu Seras Débloqué, Fais-Moi Signe !"). Ça, c'est pour la caricature, la boutade et le chabichou.
En réalité, c'était bien autre chose, quand bien même s'agissait-il de vivre en "communauté".
Avec le temps, tout cela peut nous sembler désuet, dépassé même, et pourtant, il y a quelque chose qui résonne (et raisonne, itou) encore aujourd'hui quand, à un moment, Daevid Allen dit :
"En ville, ils parlent tout le temps (...) Mais ils ne pratiquent pas ce qu'ils pensent !"
C'est encore vrai actuellement .. Non ?
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Mercredi, 10 Mars 2010 00:00
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