RTL est la première radio de France sur tous les critères. Quand on est leader, n'est-on pas voué à décliner ?
Nous avons démontré l'inverse en 2010. Après deux ans de baisse limitée, RTL a repris l'initiative avec une audience en hausse. En novembre-décembre 2010, RTL a battu le record d'audience d'une radio en France qui remontait à dix ans auparavant. C'est un indice de bonne santé de la radio. Il est assez rare qu'un leader puisse continuer à progresser. La radio est dans un marché encore plus concurrentiel que la télévision. Cependant, les arbres ne montent pas au ciel. Notre objectif est d'être leader. Si notre audience progresse, c'est un plus, mais ce n'est pas un objectif prédéterminé.
La radio n'est-elle pas un média vieillissant ?
Avant d'arriver à RTL, j'étais dirigeant de télévision, donc j'avais une idée préconçue sur la radio et je me disais que c'était un média moins moderne que la télévision. Aujourd'hui, je pense l'inverse.
Les trois dernières années, l'audience de ce média a progressé. Pourquoi ? Car la radio est très adaptée au monde numérique, étant un média non exclusif et basé sur l'écoute individuelle. On peut écouter la radio sur un poste FM mais aussi de plus en plus avec le numérique sur de nouveaux terminaux comme les tablettes, les smartphones...
La direction a demandé à l'animateur de ne plus recevoir de personnalités politiques jusqu'aux élections. Au bord des larmes, il dénonce en direct cette décision.
Dominique Souchier abandonne son émission "C’est arrivé cette semaine sur Europe 1" parce que la direction lui a demandé de ne plus recevoir de politiques pour respecter le temps de parole pendant la campagne électorale.
Le PDG d’Europe 1, Denis Olivennes, et la directrice de l’information, Arlette Chabot, «m’ont demandé de ne plus recevoir d’hommes et de femmes politiques jusqu’à l’élection présidentielle, contrairement à ce que je fais chaque semaine depuis quinze ans, y compris, et même a fortiori pendant les campagnes électorales», a dit le journaliste samedi à la fin de son émission.
«Je ne comprends pas cette décision, elle me meurtrit», a ajouté le journaliste, au bord des larmes, qui peinait à dire ses mots. «Elle me meurtrit parce que je me dis que c’est précisément comme challenge, chaque semaine, de mêler dans la même émission ceux qui observent, ceux qui réfléchissent, ceux qui agissent, ceux qui font de la politique. Eh bien si cela n’est plus possible, je décide donc de l’arrêter.»
Depuis 15 ans, Dominique Souchier anime sur Europe 1, tous les samedis C’est arrivé cette semaine. Il y retrace l’actualité de la semaine écoulée avec plusieurs invités. Il s’agit de personnalités de tous bords, économistes, philosophes, politiques, politologues, historiens, écrivains…
«Stupéfait et profondément attrisé»
La direction ne s’attendait pas à l’annonce de l’animateur. «Stupéfait et profondément attrisé par la décision inattendue et incompréhensible de Dominique Souchier. Résolu à le faire changer d’avis», a réagi sur twitter Denis Olivennes. Arlette Chabot s’est dite «triste, navrée et catastrophée». «On l’a appris en même temps que les auditeurs à l’antenne. Il y a une campagne électorale et des règles sur le temps de parole des politiques établies par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui sont assez difficiles à respecter», a-t-elle dit.
«On a décidé de ne mettre des invités politiques que dans des émissions vraiment politiques», a-t-elle ajouté. Parmi ses émissions politiques, Europe 1 compte deux interviews matinales, l’une de Bruce Toussaint et l’autre de Jean-Pierre Elkabbach, ainsi que «Expliquez-vous» de Arlette Chabot, diffusée tous les mercredis de 19 à 20 heures. «On a demandé aux responsables de toutes les autres émissions, dont Michel Field ou Olivier Duhamel, de ne plus inviter de politiques jusqu’au 7 mai», a précisé Mme Chabot.
Dans un communiqué diffusé par la suite, elle précise qu’elle va discuter avec Dominique Souchier «dans l’espoir de dissiper ce malentendu, des conditions de sa participation à l’antenne». Ce dernier ne semble pas vouloir revenir sur sa décision. Dimanche, à la fin de son émission C’est arrivé demain, qui se penche sur l’information qui devrait faire l’actualité la semaine suivante, il a de nouveau confirmé, très ému, qu’il arrêtait.
L’annonce de Dominique Souchier a déclenché une vague de réactions sur Twitter, dont celles de personnes connues, comme Valérie Trierweiler ou Anne Sinclair. «Pourquoi Dominique Souchier n’aurait-il plus le droit d’inviter des politiques? Il ne vit pas avec une personnalité politique lui!», a ironisé la journaliste Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. «Pourquoi Dominique Souchier arrête? C’est une belle émission», a pour sa part tweeté Anne Sinclair, directrice éditoriale du Huffington Post français.
Le cinéaste Christophe Barratier (Les Choristes, La nouvelle guerre des boutons) a posté: «On ne peut pas laisser un grand nom de la radio s’effacer comme cela. Navrant». «Dominique Souchier» était samedi le thème d’actualité française le plus abordé par les internautes sur twitter.
Cette fois, Denis Olivennes a achevé la création du pôle radio-télé annoncée en novembre, lorsqu'il a remplacé Didier Quillot à la présidence de Lagardère Active. Un courriel interne a informé les personnels de la maison, hier, d'un train de nominations à effet immédiat ; sont placées sous l'autorité de Richard Lenormand, le directeur exécutif du fameux pôle, six responsables d'Europe 1 qui voient, pour la plupart, leurs fonctions élargies (direction financière, direction des marques et du développement, direction des ressources humaines, direction de la communication, etc...). Sont ainsi désormais rapprochées les stations Europe 1, RFM, et Virgin, dix-huit stations étrangères et les chaînes de télévision Gulli, Canal J, Tiji, June, MCM et Mezzo.
Le 23 février, France Culture publiera, chez Bayard, le premier numéro de son trimestriel baptisé tout simplement France Culture Papiers. Parmi plus de 2 000 heures d'antenne trimestrielles, plus d'une centaine d'émissions et de chroniques et près de 3 500 invités, France Culture Papiers proposera une sélection des meilleurs débats culturels, scientifiques, artistiques et politiques entendus à l'antenne de la radio. CB News
